Notre société serait plus violente qu’hier ?
Comment le fonctionnement des médias et des réseaux sociaux nourrit-il cette fausse évidence ?
Et pourquoi ce silence assourdissant sur les violences structurelles et symboliques qui provoquent autrement plus de souffrances et de dégâts sociaux que celles qui envahissent notre environnement cognitif ?
De nombreuses études montrent qu’une majorité de français est convaincue que le niveau de violence dans notre société atteint aujourd’hui des sommets. Ce ressenti nourrit un fort sentiment d’insécurité et infuse le climat politique, au point de faire de la lutte contre « l’insécurité » une des priorités pour plusieurs partis politique.
La violence des échanges et parfois le déchainement de haine sur certains réseaux sociaux sont frappants, en particulier lorsque l’anonymat assure une « protection » à leurs auteurs.
Notre société serait-elle donc plus violente qu’elle ne l’a jamais été? Que nous apprennent les historiens à ce sujet? Le ressenti correspond-il à à la réalité?
Comment expliquer ce besoin aujourd’hui de recourir à la violence dans les échanges ? Et si la violence la plus inquiétante, la violence qui justifierait des politiques publiques pour la contenir n’était pas celle qui fait la Une de certains journaux et de certains médias ?
Marc GINDRE professeur de sciences économiques et sociales
Entrée libre